HALLYDAY "Born Rocker Tour" Bercy 2013 : compte rendu

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HALLYDAY "Born Rocker Tour" Bercy 2013 : compte rendu

Messagepar GUIBERT FRANCOIS » 23 Juin 2013 15:47

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Nouvelle page spéciale

« Compte rendu détaillé du show “BORN ROCKER TOUR”

de JOHNNY HALLYDAY

le dimanche 16 juin 2013 à BERCY (Paris)»


sur ce lien (à copier-coller) :

http://heartbreakhotelthehellboysnikola ... k2--.-.htm




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JOHNNY HALLYDAY

Show “BORN ROCKER TOUR”

Vendredi 14 juin 2013 + dimanche 16 juin 2013
à Bercy (Paris) :


Dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 juin à 1h du matin, Johnny Hallyday a donné un concert au Théâtre de Paris. Avec un répertoire exclusivement rock’n’roll. Sept cents spectateurs payants ainsi que trois cents Personnes Très Importantes y ont assisté. Ce set d’une heure (visionné sur l’internet) semble avoir encore plus donné la patate au King du rock’n’roll et à ses musiciens. Ce qui fait que ce soir, dernière des trois dates à Bercy, on assiste à une prestation monumentale.

Le vendredi 14 juin, à quelques variantes près (“L’envie” en version symphonique où Johnny n’était pas à l’aise ; un “Je te promets” aux arrangements variété et mal placé dans la set list, en troisième position, qui a aussitôt fait redescendre l’ambiance), on a assisté au même show. Mais bien que grandiose, il n’y avait pas l’incroyable magie ressentie de la première à l'ultime minute de ce concert du dimanche 16 juin. Cette sensation qui fait qu’un tour de chant de Johnny Hallyday, toujours d’un très haut niveau, bascule dans une dimension supérieure.

Le genre de concert qui marque à vie. L’impression profonde et durable d’assister ce soir à la plus belle et plus intense prestation, la plus “concernée”, que Jean-Philippe Smet ait livré, sur les vingt-six JH concerts vus à ce jour (1).

Johnny maîtrise parfaitement ce nouveau show “Born Rocker Tour”, très largement inspiré du précédent au Stade de France 2012 (chose que l'on sait avant d'entrer dans la salle). Il est en pleine possession de ses moyens, au niveau vocal et physique.

Il prend un énorme plaisir à chanter, à être sur scène. Il se donne à fond, tout en n’étant pas du tout épuisé. Avec une forte dose de folie spontanée et intérieure. Et de l’improvisation — non pas dans la set-list mais dans le feeling, le contact avec le public, les musiciens, le fait de les laisser s’exprimer comme ils le souhaitent. Et dans la manière de chanter.

Durant ces deux heures quinze, on profite plein pot, les yeux et les oreilles, de chaque morceau. Y compris quand il s’agit des sempiternels mégatubes auxquels on a droit à chaque tournée : “Que je t’aime”, “Allumer le feu”, “Ma gueule”, “Gabrielle”, “La musique que j’aime”. Les arrangements conçus par Yarol Poupaud leur redonnent une vitalité, du pep’s, une nouvelle énergie vivifiante.

C’est à partir de la tournée 2012 que “Allumer le feu” a pris une identité rock’n’roll, au sens “groupe de clubs, de petites salles”. Entre autres par le fait que l’harmonica de Greg Zlap y va franco en même temps que les gimmicks de guitare.

La première grosse surprise arrive dix minutes après le début du set. Grand bonheur, “Nashville Blues” (pas interprété lors des deux soirs précédents à Bercy) remplace avantageusement l’endormant “Je te promets”. Cette version de “Nashville Blues” est gorgée de blues et de rock’n’roll, entre les guitares de Yarol Poupaud (et Robin Lemesurier) et l’harmonica de Greg Zlap. Johnny interprète à la perfection, avec mélancolie et enthousiasme, ce texte (écrit par Pierre Billon) inspiré de ses rêves d’Amérique lorsqu’il était enfant puis adolescent à Paris.

D’ailleurs, sur scène en 2013, Jean-Philippe demeure le rebelle de la pochette du vinyle microsillons 33 tours “Johnny, reviens ! Les rocks les plus terribles” (1964). Que ce soit avec Joey & The Showmen ou avec le Yarol Poupaud’s Wild Rock Et Roll Gang, son allure est toujours svelte, son look charismatique, son regard perçant, son visage et sa coiffure affûtés. Et son état d’esprit artistique est resté le même. Même si, sur ses albums studio, lorsqu'il chante (de manière certes convaincante) des ballades passe-partout et interchangeables de variété, ça n'est pas flagrant si l'on n'y prête qu'une oreille distraite.

Le showman qui est en lui exulte sur “Deux étrangers”, réjouissant morceau de bravoure rhythm’n’blues. Toute la salle vibre à l’unisson du moindre geste ou feulement envoyé par le félin Jean-Phi’. Une magistrale démonstration, visuelle, vocale et musicale, de rhythm’n’blues attitude à la Wilson Pickett.

La séquence avec l’orchestre symphonique de rock’n’roll au strict sens musical électrique du terme. Toutefois, elle impressionne et captive (“Diego, libre dans sa tête”, “Quelque chose de Tennessee”, “Entre mes mains”, arrangements d’Yvan Cassar).

Dans sa version originale, sur le très mauvais album baba cool “Rêve et amour” (2) paru en 1968, “Entre mes mains” est une chanson emphatique mais intéressante de pop music avec cordes. En juin 2013 sur scène, elle devient un subtil et poignant moment de théâtralité. Avec une sorte de dramaturgie désespérée qui monte crescendo. Et qui se clôt lorsqu’est montré, en gros plan sur les écrans géants, le poing de Johnny qui se ferme en même temps que s’éteignent les lumières.

Guitares rageuses en avant, “Gabrielle” met à l’honneur Greg Zlap à l’harmonica. Durant ce morceau, avec l’aval du chef, il occupe le devant de la scène, courant d’un bout à l’autre de celle-ci, tout en jouant de son instrument en mode freestyle. Et en regardant le public droit dans les yeux, l’incitant comme lui à sauter en l’air.

Pour “Qu’est-ce que tu croyais”, les images qui étaient diffusées en fond de scène sur “Rock’n’roll attitude” au Stade de France 2012 sont ici réutilisées. Comme le 10 juin 2000 à la Tour Eiffel et à Bercy 2003, ce morceau se révèle être un puissant titre de scène, de par son ambiance urbaine, nocturne, avec un côté “mauvais garçon” dans le texte. Musicalement, même si le tempo est différent, on peut le rapprocher de “Deux étrangers”, dans son aspect sauvage et voyou.

La partie acoustique, sur la petite scène tournante au milieu de la salle, est une joie absolue pour les fans de rock’n’roll en français : voir Johnny Hallyday chanter des standards fifties et sixties de façon dépouillée, revigorante, en électroacoustique, à la bonne franquette. Dans d’irréprochables conditions visuelles et sonores. Tout est nickel.

“Retiens la nuit”, “Joue pas de rock’n’roll pour moi” (ambiance un peu boogie dans le tempo), “I’m Gonna Sit Right Down And Cry (Over You)”, “Laisse les filles”, “Si j’étais un charpentier”, “Tes tendres années” : les chansons sont toutes interprétées en entier et non pas, heureusement, en forme de medley frustrant. Cela permet de mettre en valeur leurs richesses textuelles, musicales et mélodiques.

Les orchestrations sont telles qu’on les rêve : génialement simples, brutes, souples, limpides. Là encore, avec leurs guitares, Yarol (solos à la Scotty Moore) et Robin Lemesurier font des merveilles. L’harmonica de Greg Zlap joue un rôle très important : comme une sorte de ping-pong musical avec la voix de Johnny et les guitares, d’un vers à l’autre, sur les refrains, ou entre ces derniers et les couplets, etc. Johnny, en 2013, chante à la perfection, de façon claire, nette, mélodique, avec l’âme et la gniak d’un adolescent rocker énergique. Là encore, il retrouve le chant sauvage, incisif et mordant que l’on entend sur l’album “Les rocks les plus terribles”.

Le groupe transfigure la version originale de “Laisse les filles”, le “That’s all right mama” français. Il lui donne une résonance inédite, une sauvagerie euphorique qui, dans cette interprétation live, élève cette chanson composée par Jean-Philippe Smet (paroles de Jil & Jan) au même niveau des versions studio anthologiques des “Rocks les plus terribles”.

Durant un “Fils de personne” dévastateur, chacun/tout le monde y va à fond. Même s’il ne possède évidemment pas le coffre du Patron, Yarol chante le dernier couplet et un refrain de toute son énergie. Ça l’effectue car ce qui compte, c’est la fraternité-complicité qu’il y a entre lui et Johnny lors de ce duo, avec aussi les autres membres du groupe.

Sur “L’attente”, album très bien produit et réalisé mais qui ne contient que des titres sans intérêt artistique, “L’amour à mort” est un gros rock FM mastoc indigeste. Par contre, en concert, ça déménage, même si ça n’est pas non plus un chef-d’œuvre électrique.

Accalmie avec la ballade bienvenue “Si tu pars”, uniquement interprétée auparavant lors du “Flashback Tour”, en 2006/2007.

“L’envie” live 2012/2013 est très proche de l’original de 1986, et à la hauteur de sa création sur scène un an après (show “Johnny se donne à Bercy”). En fond (numérique et 3D) de scène, s’inscrivent les mots-clés de chaque vers à l’instant où Johnny les prononce. Il les clame d’une telle manière que l’on n’est plus lassé d’entendre ce morceau majeur, mais dont la symbolique s’était effilochée, vidée de sa substance au fil des tournées. Depuis 2012, c’est comme si on redécouvrait la puissance de cette chanson de Jean-Jacques Goldman.

Ultime rappel : deux violons, un violoncelle, un piano (Yvan Cassar) ainsi qu'une guitare acoustique (Robin Lemesurier), et “L’attente” s’avère beaucoup plus émouvante sur scène que sur disque, figée et froide.

Puis comme il y a un an Stade de France, “Quand on n’a que l’amour”, en piano et voix, termine en douceur et avec émotion un show historique dans la carrière de Johnny Hallyday.

« J’ai voué ma vie au rock’n’roll. J’y serai fidèle jusqu’au bout. Tout comme je vous serai fidèle ! » (© Johnny Hallyday sur la scène de Bercy le 16 juin 2013, après “L’envie”)

François Guibert

(22 juin 2013)

(1) : “Lorada Tour” (30 mars 1996 sur l’île de Chatou), Stade de France (11 septembre 1998, 28 au 30 mai 2009, 15 au 17 juin 2012), Tour Eiffel (10 juin 2000, 14 juillet 2009), Olympia (2 juillet 2000, 9 décembre 2006), Palais des Sports (3 et 20 juin 2006), Zénith (11 novembre 2006), Parc des Princes (14 & 15 juin 2003), Bercy (15 & 20 décembre 2006, 29 & 30 septembre 2006, 1er & 21 octobre 2006, 13 février 2007, 14 et 16 juin 2013).

(2) : seul titre à sauver de cet album, “Cours plus vite Charlie”, une eddiecochranerie francisée par Long Chris et saccadée, qui n’a rien à voir avec le reste du disque.


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Set list du dimanche 16 juin 2013 :


• “Que je t’aime”

• “Allumer le feu”

• “Ma gueule”

• “Nashville Blues”
(à la place de “Je te promets” interprété les 14 & 15 juin)


• “Marie”

• “Deux étrangers”

Avec l’orchestre symphonique de Paris
(dirigé par Anne Gravoin) :


• “Diego, libre dans sa tête”
• “Quelque chose de Tennessee”
• “Entre mes mains”
• “20 ans”
(le 14 juin, cette valse a été chantée en duo avec Florent Pagny)


• “I Who Have Nothing”
(avec la choriste Sy Smith)

Intermède : “Respect”
(version Aretha Franklin par le groupe et les trois choristes)


• “Gabrielle”

• “Qu’est-ce que tu croyais”

Partie acoustique, au milieu de Bercy :


• “Retiens la nuit”
• “Joue pas de rock’n’roll pour moi”
• “I’m Gonna Sit Right Down And Cry (Over You)”
• “Laisse les filles”
• “Si j’étais un charpentier”
• “Tes tendres années”

• “Fils de personne”
(en duo avec Yarol Poupaud)

• “L’amour à mort”

• “La musique que j’aime”

1er rappel :

• “Si tu pars”
(avec l’Orchestre symphonique de Paris)


• “L’envie”
(avec, uniquement le vendredi 14 juin, l’Orchestre symphonique)

2e rappel :

• “L’attente”

• “Quand on a que l’amour”


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