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“PSYCHO TROPICAL BERLIN” (2013)
de LA FEMME »
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Chronique de l'album
“PSYCHO TROPICAL BERLIN” (2013)
de LA FEMME :
L’album “Psycho Tropical Berlin” de La Femme n’a rien à voir avec l’indie pop tendance dépressive, creuse et vide, gonflante, dominée et écrasée par les influences anglo-saxonnes déprimantes et envahissantes. Ce disque est solaire, dynamique, enthousiasmant.
Marlon Magnée et Sacha Got sont les maîtres d’œuvre (paroles et musiques) de ce collectif. Leurs compositions sont très élaborées, ambitieuses, dans leurs structures, les arrangements. Elles fourmillent d’astucieuses trouvailles sonores synthétiques, dans les sons de claviers, les guitares surf rock'n'roll, les chœurs, l’enchaînement des atmosphères musicales.
Et en même temps, ces quatorze morceaux sont hyper faciles à retenir et accessibles au plus large public possible. Ce disque est aussi réussi que les chefs-d’œuvre format 33 tours de Lio (“Can can”, “Pop model”, “Amour toujours”, entre autres), Elli & Jacno (“Tout va sauter”, “Boomerang”) et Taxi Girl (le mini LP “Quelqu’un comme toi”, “Seppuku”). On peut aussi le relier aux œuvres de Jacno en solo dans les années 1990 et 2000 (surtout “La part des anges”, “Faux témoin” et “French paradoxe”).
Marlon et Sacha ont l’intelligence de mettre en avant tout autant que leurs claviers et leurs guitares le chant sucré et impeccablement poppy de plusieurs jeunes chanteuses. Et cela sur la quasi-totalité des morceaux.
Hormis Marilou Chollet qui a son propre groupe — dite Marilou la Twisteuse lorsqu’elle chante en lead avec son propre groupe Marilou et les Garçons — on ne sait rien d’elles. Mais ce n’est pas gênant. Car ce qui prime avant tout ici, c’est les morceaux que la mystérieuse entitée pop La Femme propose. Clémence Quelennec, Clara Luciani, Jane Peynot, Mathilde Marlière, Meghan Edwards, Pandora Decoster ou Elise O’ Connor en font (ou ont fait, pour certaines d’entre elles, a priori) autant partie et sont aussi indispensables que les deux auteurs-compositeurs.
De loin, on peut à loisir — mais à tort — rigoler de l’apparente vacuité du texte du surf pop’n’roll “Sur la planche”. C’est pourtant un gimmick textuel brillant. Aussi irrésistible et génial que “Banana Split” ou “Les brunes comptent pas pour des prunes” (aux mots signés Jacques Duvall), dans un autre style d’écriture.
Avec “It’s Time To Wake Up 2023”, on est en plein dans une atmosphère thermonucléaire apocalyptique. Quelque part entre les films “Mad Max (1 et 2)”, “Soleil vert”, le 33 tours “La peur” de Johnny Hallyday et le DVD de son show “Le survivant” au Palais des Sports 1982. Dans la deuxième partie du morceau, les claviers sont propulsés en avant de façon irradiante, mêlés aux mots « Je veux rentrer chez moi / 2023 ( …) / Vous allez mourir / Je dis la vérité / 2023 (etc.) ».
“Antitaxi” fait penser aux premiers morceaux rageurs rockab’ punk, façon Eddie Cochran, de La Souris Déglinguée (“Jaurès-Stalingrad”, par exemple) et à l’énergie rebelle des Naast.
Le triptyque “La femme”, “Interlude” (au son dub rock) et “Hypsoline” est une sorte de grand œuvre sonore, aux ambiances successives. Les voix féminines, mêlées aux percussions, ressemblant à des chants de sirènes pop, jouent un rôle énorme dans l’attrait de ces titres.
“Nous étions deux” est le moment dispensable du CD, par ses paroles moyennes et anecdotiques. “Saisis la corde” et “Le blues de Françoise” pourraient être des inédits du LP vinyle microsillons du duo Mathématiques Modernes. Les textes de ces deux titres sont sombres au possible. Mais le fait qu’ils soient interprétés de façon guillerette, euphorique évacue direct l’humeur maussade dans laquelle ils semblent avoir été écrits, et tant mieux.
“Si un jour” est un bijou de french pop robotique et mélodique, au texte doux-amer, pro-féministe.
“La Femme ressort” invoque l’esprit d’Edith Nylon, musicalement et dans la diction de Jane Peynot. Le texte, très fourni et très écrit, accentue ces sensations frenchy but chic (© Jean-Eric Perrin), surtout des mots comme « propriétés élastiques mécanico-frénétiques », «rythme répétitif », « mouvement perpétuel ».
Exactement comme le CD “Sunset” (2012) de Superbus et le premier disque (paru en 2011) de Mademoiselle Nineteen, “Psycho Tropical Berlin” de La Femme est une œuvre majeure et brillante de la pop francophone du vingt-et-unième siècle.
François Guibert
(5 mai 2013)




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LA FEMME sera en concert le jeudi 14 novembre 2013 au Trianon (Paris).
Places en vente sur ce lien (à copier-coller) :
http://www.fnacspectacles.com/place-spe ... -TR14N.htm










